Lettre d'information internationale GM-PSA No 14 – septembre 2018

Des représentants de la coopération internationale des groupes GM / PSA

Lettre d'information internationale GM-PSA No 14 – septembre 2018

Chèr-e-s camarades, chèr-e-s ami-e-s!

 

Cette lettre d'information est en même temps une invitation cordiale en particulier aux ouvriers et ouvrières chez PSA / Opel / Vauxhall en Europe:

Le 27 octobre 2018 une réunion des délégués des ouvriers combatifs de l'automobile en Allemagne à Rüsselsheim / Allemagne, pour préparer la 2e Conférence internationale des travailleurs de l'automobile. À l'occasion de cette réunion à laquelle est invitée aussi une délégation du groupe coréen-chinois de l'automobile Ssangyong, nous voudrions inviter les ouvriers et ouvrières de PSA et Opel/Vauxhall à une rencontre européenne le 28/10/2018. Vous trouverez des détails à la fin de cette lettre.

Et voici les informations concernant le développement dans l'industrie de l'automobile et chez PSA et GM:

La lutte concurrentielle pour des parts au marché mondiale de l'automobile s'intensifie énormément. Surtout les groupes chinois poussent en avant. Six groupes chinois se trouvent déjà parmi les 20 plus grands groupes mondiaux de l'automobile. PSA est devenu légèrement plus fort par la vente d'Opel/Vauxhall. GM et Ford, il y a 20 ans encore des chefs de file, se retrouvent maintenant sur les places cinq et six derrière Hyundai / Kia. Daimler est tombé de la troisième à la onzième place. Par contre Volkswagen est monté de la sixième place à la tête, e. a. par une fraude massive avec des valeurs faussées des gaz d'échappement de diesel.

C'est une catastrophe pour l'environnement que non seulement la vente de voitures dotées de moteurs à combustion augmente sans frein à l'échelle mondiale, mais que les voitures et moteurs deviennent aussi de plus en plus grands. Dans le contexte du commencement de la crise structurelle internationale à l'occasion du passage des moteurs à combustion aux moteurs alternatifs tous les groupes attaquent leur personnel, cherchent à augmenter massivement l'exploitation, visent à rallonger et flexibiliser le temps de travail et répriment les ouvriers et ouvrières combatifs. Beaucoup de gouvernements se bougent dangereusement vers la droite. Ils rendent possible le prolongement du temps de travail par la législation comme en Autriche et en France, ils pratiquent une propagande raciste, nationaliste et social-chauvine à la Trump (notre pays „first“) et ils préparent des guerres impérialistes pour un repartage du monde dans l'intérêt de leurs monopoles internationaux.

La guerre commerciale à l'échelle mondiale, partant du président américain Donald Trump, annonce le début de batailles d'extermination pour le marché mondial. PSA s'est plié à la pression et s'est retiré de l'Iran, ce qui détruira prévisiblement des milliers d'emplois chez Iran Khodro et Saipa. Ces ouvrières et ouvriers ont également notre solidarité pour la lutte pour leurs emplois – ils font partie du personnel de notre groupe! Mais ce retrait signifiera aussi des coupures pour les ouvriers dans l'usine de moteurs Douvrin / France: déjà en juin, une partie du personnel avait déjà 3 à 5 jours de chômage partiel.

Dans cette situation nous, les ouvriers, devons être bien organisés, coordonnés internationalement et lutter durement. C'est pourquoi il est important de renforcer les relations internationales. Dans ce sens, la coordination internationale des ouvriers de l'automobile ont adressé un message de solidarité au personnel de Opel Zaragoza et Ford Valencia, dont nous citons:

«Dans les deux entreprises il y avait des milliers d'ouvrières et ouvriers qui ont dit: ˝Ça suffit˝! Nous en avons assez du chantage, de continuer à payer pour la crise rien que pour voir comment les managers et les actionnaires réunissent des bénéfices immenses et que ceux qui travaillent chaque jour sont les perdants ou récupèrent au mieux les pertes des dernières années.

Et cela signifie qu'il y a des possibilités de renforcer la résistance, le combat, l'unité de plus d'ouvriers que nous opposons à l'avidité et la répression des directions des entreprises.

Depuis la Conférence internationale des ouvriers de l'automobile nous affirmons notre engagement de soutenir de tels combats comme seule possibilité de maintenir avec dignité des emplois à l'échelle mondiale.»

Dans les deux usines espagnoles c'étaient surtout les deux syndicats CGT et STM (tous deux font partie de la coordination internationale des travailleurs de l'automobile) qui se sont opposés.

Carlos Tavares, le chef de PSA, a continué son marché de chantage dont nous avions informé en février. À Aspern (Vienne / Autriche) des engagements de production ont été également liés à la suppression de 140 emplois. À Luton / Grande-Bretagne des concessions de grande portée ont été extorquées.

En Allemagne il n'était pas possible à Carlos Tavares de faire jouer chaque usine isolée contre toutes les autres. Ici, le personnel ferme de toutes les usines, au début aussi avec le syndicat IG Metall et le comité central de l'entreprise, s'est opposé à lui. Tavares a exigé de supprimer l'augmentation de salaire convenue de 4,3 pour cent, ainsi que d'autres réductions comme celle des primes de vacances et de Noël et d'allocations. Il n'y a pas réussi. Le personnel du groupe a contrecarré ses projets par ses protestations. Le 24 avril une manifestation commune a eu lieu devant la porte d'Opel Eisenach avec des délégations de tous les sites en Allemagne. Des messages de solidarité sont aussi arrivés de France (du CGT PSA Mulhouse) et de Grande-Bretagne (Luton).

Le personnel était prêt à renforcer la lutte ce qui s'est manifesté dans de petites actions dans les usines comme des réunions de travail pendant le temps de pause. L'IG Metall a annoncé une augmentation jusqu'à la grève, mais ne l'a pas organisé par la suite. Au lieu de cela, on a conclu un accord qui prévoit des réductions considérables des salaires tarifaires et une prise en compte des éléments en sus de la convention collective pour les cinq prochaines années. En contre-partie apparente on parle de renoncer à des licenciements pendant ces cinq années jusqu'à 2023, mais le contrat permet absolument des licenciements. Celui qui contredit une externalisation de sa place de travail, peut être licencié sur le champ. Cet accord est une capitulation devant Tavares.

L'accord n'était pas encore signé que déjà on a appris qu'une grande partie du centre de développement à Rüsselsheim (ITEZ) avec environ 4 000 ingénieurs serait externalisée. Nous en étions informé par nos collègues français qui nous transmettaient la lettre d'un syndicaliste d'Altran, une des firmes, prévues pour la reprise de l'ITEZ. Il a mis en garde les ouvriers allemands qu'à l'occasion d'une autre reprise deux tiers des ouvriers repris avaient perdu leur emploi malgré les promesses.

En même temps on a réduit de plus de moitié la formation professionnelle à Rüsselsheim et aucun nouveau apprenti a été embauché à Eisenach. Une action de collection de signature au niveau national s'y est opposée pour une poursuite non diminuée de la formation, à partir de Rüsselsheim.

En août 2018 les syndiqués des usines allemandes d'Opel ont voté dans des assemblées sur le contrat négocié, sans qu'on leur ait même présenté les termes du contrat. Une discussion démocratique au sein du corps des représentants syndicaux a été empêchée en évitant d'organiser une réunion du corps syndical. Au lieu de cela, on a dispensé du travail des remplaçants en masse du comité d'entreprise pour qu'ils fassent de la propagande pour un oui au contrat, excitent contre les forces combatives qui, par toutes les affirmations possibles, feraient appel à rejeter la convention collective et ainsi à refuser la préservation des emplois. Les ouvriers d'Opel à Rüsselsheim rapportent : L'Éclair – journal des ouvriers pour les ouvriers chez Opel a donné les informations. Ensuite une discussion massive s'est développée dans le personnel. L'objet de la critique était la désorganisation et en particulier le fait qu'on ait gardé sous secret le contrat. Relatif au contenu la critique s'est dirigée contre la renonciation aux augmentations tarifaires et paiements conquis par la lutte commune des années durant. «Cela revient en moyenne à 2 000 € par an. Nous ne pouvons pas nous le permettre...» On a également critiqué que le comité central d'entreprise et la direction de l'IG Metall ont donné ultérieurement leur bénédiction à la destruction de 4 300 emplois, accepté le saignement des ateliers de formation. «PSA veut que le personnel se soumette ... mais nous ne sommes pas prêts à cela». Et c'est cela qui est justement le problème du comité directeur du PSA, que l'idée de la lutte à l'échelle du groupe s'est développée et se manifeste dans la pratique par la solidarité, l'echange et des actions communes comme celle de la journée d'action du 24 avril à Eisenstein. Au total 96 pour cent des syndiqués présents ont finalement approuvé le contrat – dans leur majorité certainement dans l'espoir d'assurer ainsi leurs emplois, ce qui sera sûrement déçu. Ce mélange de mensonges, de banalisation et de dictons combatifs qui ont promu les illusions petites-bourgeoises-réformistes, quoique sans véritable conviction. En même temps, une petite partie consciente du personnel a voté non. Pour des réflexions fondamentales: «Il faut réfléchir sérieusement sur cette chose. Que se passe-t-il avec notre jeunesse? Et qu'y a-t-il avec les conventions collectives qui ne valent plus rien chez les grands groupes?»

Le ridicule de la propagande ciblée des prétendues pertes chez Opel s'est montré en juin: Après qu'Opel a affirmé de ne pas avoir fait de bénéfices pendant 20 ans, on publie tout à coup un bénéfice de 500 millions d'euros pour la première moitié de l'année – et ceci pendant un temps marqué par le chômage technique et les arrêts de production!

Le temps du travail s'avère de plus en plus comme point focal des conflits de classe. PSA profite des possibilités que le président Macron offre avec sa modification législative pour augmenter le temps de travail jusqu'à présent de 35 heures. Tavares a choisi à ce sujet tout d'abord le centre des pièces de rechange à Vesoul / France avec près de 3 000 travailleurs et a menacé que sinon l'usine ne serait pas compétitive dans le secteur de logistique international. En vérité, il s'agissait de transférer le travail de l'ancien centre de pièces de rechange d'Opel de Gonesse / France à Vesoul, afin d'y mettre en question 76 emplois. Le syndicat CGT a organisé à Vesoul des protestations et de petites grèves avec des parties du personnel contre la rupture de la semaine de 35 heures. Une délégation de Sochaux est venue le 22 mai pour soutenir les environ 90 ouvriers en grève. Mais les autres syndicats ont signé un accord que l'on augmente le temps de travail à 37,75 heures mais que l'on paye seulement 36 heures. En même temps, on a détruit 150 emplois par l'externalisation à Gt logistics. Ce faisant, ces dirigeants syndicaux n'ont pas seulement poignardé dans le dos le mouvement ouvrier français dans le dos, mais ils ont aussi donné un signal négatif au niveau international. Le CGT a déclaré: «Ce dont les travailleurs ont besoin par contre c'est une réduction du temps de travail et de nouvelles embauches massives.» Il doit être l'objectif commun de réduire le temps de travail sans perte de salaire à l'échelle internationale dans le but de la journée de six heures ou la semaine de 39 heures avec compensation de salaire intégrale. Nous devons poursuivre d'autant plus énergiquement dans la coordination des ouvriers de l'automobile que les groupes et leurs gouvernements tentent encore plus de prolonger le temps de travail.

Un anniversaire incroyable a eu lieu à Bogota / Colombie le 2 août: Ça fait sept ans, que ce jour-ci que la veillée des ouvriers licenciés de General Motors Colmotores à Bogota a commencé dans une tente devant l'ambassade US-américain! Une force unique en persévérance et une ignorance unique de la part de General Motors face à la revendication justifiée d'une réembauche! Ce printemps, notre collègue Frank Hammer de Detroit / USA était de nouveau en visite de solidarité à Bogota et en a informé aux États-Unis. Avec tout un cercle de gens qui les soutiennent aux États-Unis et la solidarité à l'échelle mondiale les ouvriers en Colombie luttent jusqu'à ce que leurs revendications soient accomplies!

En février nous est parvenue l'information de la Corée que General Motors envisage de fermer l'usine Gunsan avec environ 2 000 travailleurs. Sur la demande du syndicat métallurgique coréen KMWU nous avons organisé une lettre d'un ancien ouvrier d'Opel Bochum aux ouvriers de Gunsan. Les syndicalistes voulaient absolument apprendre des leçons de la lutte à Bochum. La lettre a terminé avec les mots suivants:

«Je ne peux que vous conseiller de vous engager à lutter, car seulement celui qui lutte reçoit de a solidarité. Celui qui ne lutte pas, ne reçoit que de la pitié. Et de cela, on ne peut rien s'acheter.

Cette année, les gens progressistes dans beaucoup de pays se rappellent le mouvement de protestation de mai 1968. En France, il y avait aussi une grève générale, il y a cinquante ans. L'usine PSA à Sochaux fut occupé par le personnel en juin, quand la famille Peugeot en commun avec le gouvernement à Paris a décidé de faire intervenir le corps policier paramilitaire CRS contre les ouvriers. L'attaque brutale de la police a coûté la vie à deux ouvriers – ce qui montre avec quel adversaire nous avons à faire. L'un des représentants de la coopération international au sein du groupe GM-PSA-Opel a envoyé à cette occasion un message de solidarité aux ouvrières et ouvriers à Sochaux, que nous publions ici en raccourci:

«Le 11 juin 1968, deux ouvriers de PSA Sochaux ont été tués: Pierre Beylot et Henri Blanchet. Ils avaient 24 et 49 ans. Le premier a été tué d'une balle, le second a chuté d'un mur. Cela s'est passé au cours de violentes attaques de la CRS contre les ouvriers qui avaient occupé l’usine. Dans un petit square, près de l'actuelle entrée de l'usine, une stèle marque le souvenir des deux victimes: « À la mémoire de Pierre Beylot et Henri Blanchet, tombés pour le libre exercice du droit de grève».

Depuis le 20 mai 1968, les 26 000 ouvriers de Sochaux étaient en grève. Dans la nuit du 11 juin à Paris, la direction de PSA avec le gouvernement et la tête de la police décidaient de “libérer” l’usine de Sochaux par la force. Ils pouvaient par la force casser la grève, mais ils ne pouvaient pas casser les syndicats. C’était en Allemagne, chez Volkswagen et autres groupes qu’on débute à appliquer une nouvelle méthode: Manipuler la manière de penser et intoxiquer les ouvriers avec des illusions petit-bourgeoises: Ascension sociale, épanouissement de la personnalité, participation et cogestion individuelle sur son propre destin – et surtout la concurrence entre les ouvriers des différents sites et pays.

Mais tout cela ne change pas la réalité. Nous, les ouvriers apprenons à surmonter cette manipulation. Nous franchissons les frontières des sites et des pays. Les morts du 11 juin 1968 nous rappellent le fait que c’est toujours la lutte entre la classe ouvrière et la classe capitaliste, une lutte jusqu’au bout. C’était un Allemand dans l’exile français qui nous a appelé : “Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!”»

C'est l'affaire des personnels du groupe de défendre tous les emplois et toutes les usines. Aucun personnel ne doit rester seul. Nous ne devons pas non plus nous laisser tromper par la formule que personne ne sera licencié et que l'indemnité est une chose bénévole. Beaucoup d'ouvriers se sentent en sécurité quand il n'y aura pas de licenciement pour motif économique. Mais nous sommes responsables pour l'avenir de la jeunesse. Celui qui renonce à son emploi pour une indemnité «bénévole», se laisse racheter l'avenir de la jeunesse. C'est pourquoi il faut tirer les ouvriers du mode de pensée de l'issue individuelle et de lutter ensemble pour l'avenir, mais aussi de nous aider mutuellement de venir à bout des paroles nationalistes et du fait que l'on joue un site contre l'autre.

Déjà en février, nous avions proposé d'élaborer un programme de lutte positif commun pour le groupe, afin de réunir des forces pour la lutte au niveau du groupe. Pourraient en faire partie les revendications suivantes:

* Lutte pour chaque place de travail, chaque place de formation et chaque usine !

* Contre le travail de week-end et la flexibilisation!

* Embauche régulière au lieu de travail intérimaire!

* Unité avec des sous-traitants comme Faurecia, GEFCO, Lear etc.

* Réduction du temps de travail sans perte du salaire comme objectif international!

* Passage aux moteurs sans émission aux frais des actionnaires!

* Défense et élargissement des droits syndicaux et du droit d'activités politiques dans l'usine!

* Arrêtons le développement vers la droite des gouvernements!

 

Évidemment, cela ne pourront qu'être des revendications relativement générales, comme un programme cadre qui peut aussi être concrétisé pour chaque site. Mais cela ferait avancer notre unité de lutte au sein du groupe. Qu'en pensez-vous?

 

Pour nous consulter nous vous invitons cordialement à une rencontre européenne à Rüsselsheim le 28 octobre 2018 ensemble avec des ouvriers d'autant d'entreprises que possible, surtout d'Espagne, de France et d'Allemagne. Rüsselsheim se trouve directement à côté de l'aéroport et de la gare ferroviaire à longue distance de Francfort et est facilement à atteindre. Veuillez nous informer vite, au plus tard jusqu'au 15 octobre, avec combien d'ouvriers vous viendrez ! Nous allons alors organiser l'hébergement et le ravitaillement ainsi que, le cas échéant, la prise en charge à l'aéroport ou à la gare. Samedi, 27 octobre, il y aura une réunion des délégués de la coordination des travailleurs de l'automobile pour l'Allemagne, à laquelle vous êtes cordialement invités. Le soir, il y aura une fête et le dimanche est réservé à la consultation des délégations des usines de PSA.

 

Il faut absolument que nous travaillions ensemble à renforcer notre coordination! Nous proposons que du plus grand nombre possible d'usines qui participent, soient envoyés de petits rapports régulièrement, par mois ou bien par trimestre! De tels rapports doivent être publiés sur le site de la coordination internationale des travailleurs de l'automobile.

 

À la fin un avis préalable: La 2e Conférence internationale des travailleurs de l'automobile aura lieu en Afrique du Sud début 2020. Ce sera certainement un nouveau point culminant de notre coopération et de coordination de nos combats. Il est important que des délégations de PSA participent aussi à la conférence. Planifiez svp dès maintenant de choisir des délégations et de préparer le voyage! Évidemment vous allez encore recevoir à temps des informations plus précises concernant la date et le lieu de la conférence et le règlement pour les délégations.

 

Salutations cordiales et solidaires

 

Fritz Hofmann