Lettre d’information internationale GM-PSA no. 13

Février 2018 - De la part des représentants de la coopération internationale du groupe GM / PSA

 

Chèr(e)s collègues, chère(e)s amis,

 Voici une lettre d’information concernant l’évolution actuelle chez PSA/Europe.

Dès les premiers jours de la nouvelle année, dans le cadre de la préparation de la lutte à l’échelle du groupe chez PSA/Opel/Vauxhall,  des défis se posent: n’hésitons pas à les relever !

  • Dans l’usine de Saragosse (Espagne), la direction de l’entreprise a répondu aux revendications salariales des syndicats par une tentative éhontée de chantage : si le personnel ne renonce pas pendant trois ans à des augmentations de salaires, n’accepte pas des réductions d’allocations, des horaires flexibles le samedi avec 18 équipes et des durées quotidiennes de travail allongées, elle menace d’un retrait de la production de la Corsa et d’un gel de tous les investissements dans l’usine ; ce qui déboucherait à moyen terme sur une fermeture de l’usine. Carlos Tavares révèle de plus en plus son vrai visage. Ce chantage d’envergure constitue également une attaque contre l’ensemble des personnels du groupe. Tandis qu’à Saragosse les trois grands syndicats ont capitulé et accepté les exigences des maître-chanteurs, les deux plus petits syndicats, à savoir la CGT et OSTA, les ont refusées. Ils ont appelé à voter « Non » lors de la consultation du personnel. Le jour du vote en Espagne, les équipes en Allemagne ont été prévenues par le bulletin inter-entreprise « Blitz ». Nous avons transmis le message de solidarité suivant : « Le premier enseignement de Bochum : ne jamais accepter le chantage ! ». Lors de la consultation, 41% des 5000 membres du personnel se sont prononcés contre l’accord, contre la propagande unanime des grands syndicats, des politiciens acquis à la bourgeoisie, de la direction de l’entreprise, de la totalité de la presse, de la radio et de la télé, tant sur le plan  local que  suprarégional. L’ensemble des personnels du groupe doit en tirer les leçons dans tous les pays et se préparer à l’avenir à dénoncer de telles pressions. C’est pourquoi nous lançons un appel pour que tous les personnels dans tous les pays  en soient informés et envoient des messages de solidarité à Saragosse. cgt.metalzgz@gmail.com

 

  • A Vauxhall à Ellesmere Port (Grande-Bretagne), 250 postes supplémentaires doivent être supprimés alors que dès le mois de septembre, la suppression de 400 postes avait été annoncée. Pour cette usine qui employait dans les années soixante-dix 12 000 personnes, cela signifie une baisse des effectifs en dessous de 1000 emplois, une mort à petit feu. A partir du mois d’avril, une seule équipe devrait rester opérationnelle à Ellesmere Port. C’est inacceptable, même si cette opération se fait sur une base prétendument  « volontaire ». Dans notre dernière lettre d’information, nous avons communiqué une adresse pour l’envoi de messages de solidarité.

 

  • Dans l’usine de Glivice (Pologne), il n’y aura plus qu’une seule équipe à partir du 1er février. 250 collègues ont été transférés  à Rüsselsheim afin de pouvoir licencier des travailleurs intérimaires.

 

  • A Eisenach, il a été confirmé officiellement en décembre qu’il n’y aura pas de production de la Mokka alors que l’engagement contraire avait été pris un an plus tôt. Les collègues insistent en faveur du maintien de la convention collective en vigueur qui prévoit une pleine activité de l’usine. Mais la direction de l’entreprise n’indique ni par quels moyens ni selon quel échéancier elle compte tenir sa promesse. L’avenir de l’usine d’Eisenach est lui aussi compromis. On peut prévoir une réduction prochaine de la production à une seule équipe. Des collègues doivent être transférés d’Eisenach à Rüsselsheim, certains s’y trouvent déjà. Par le biais du « Insourcing”, des centaines de collègues ont perdu leur emploi chez les fournisseurs et dans des firmes étrangères. La pression sur les collègues pour produire à moindres coûts devient insupportable. En décembre a eu lieu une assemblée combative du personnel de l’entreprise à laquelle avaient aussi été conviés les comités du personnel des fournisseurs. La résistance ne fait que croître.

 

 

  • A Rüsselsheim, on annonce six mois de travail à temps partiel. Des centaines d’intérimaires seront licenciés. L’avenir du centre de développement n’est absolument pas assuré en dépit de quelques promesses.

 

  • En France, PSA s’est empressé d’utiliser les nouvelles dispositions du droit du travail voulues par le gouvernement Macron pour réduire plus rapidement les effectifs. La destruction de plus de 20 000 emplois au cours des cinq dernières années ne lui suffit pas. Manifestement, 2 200 postes sont menacés, dont 900 par un départ en retraite anticipée. L’usine de Saint-Ouen et le centre de développement de La Garenne sont particulièrement visés. En contrepartie, il est prévu d’embaucher seulement 400 personnes dans la production. La nouvelle disposition, entrée en vigueur en décembre, signifie que les licenciements n’ont plus besoin d’être justifiés auprès des autorités si la majorité des syndicats est d’accord. PSA a invité les syndicats à une réunion le 9 janvier et veut se débarrasser dès le 1er février de collègues moyennant des accords. La CGT a catégoriquement rejeté un tel chèque en blanc pour licencier du personnel. Elle exige au contraire de nouvelles embauches.

  • A Sochaux, PSA veut cette année faire passer la production de 425 000 à 5000 000 véhicules sans pour autant procéder à des embauches fermes ! Par ce biais, Tavares, le président du groupe, poursuit la tactique consistant à accroître la capacité des grandes usines (nous en avions déjà parlé dans notre dernière lettre d’information). Mais comme le marché ne va pas augmenter, il s’agit là des prémisses à des fermetures d’usines.

  • La répression contre les collègues en tête de la contestation se poursuit sans relâche en France : neuf syndicalistes de l’usine PSA de Poissy ont été condamnés à cinq mois de prison avec sursis et 11 000 euros d’amende. Leur crime ? Ils ont accompagné un camarade chez le chef pour lui apporter leur soutien et se sont entretenus pendant 17 minutes avec celui-ci dans son bureau. Mais les collègues déterminés sont d’autant plus motivés pour intensifier la lutte afin de défendre leurs droits. La CGT écrit : « La direction a perdu son combat pour anéantir la CGT ». Les collègues ont besoin de notre solidarité, par exemple en écrivant à l’adresse suivante : ulcgtyvelinesnord@wanadoo.fr

 

  • Nous avons reçu de Rennes un topo sur le combat des intérimaires pour obtenir des hausses de salaires. Ils ont obtenu partiellement satisfaction ! Ils ont redressé la tête et prouvé aux salariés qu’on peut obtenir des hausses de salaire quand on « s’organise ».

 

L’ensemble des salariés du groupe doit comprendre : il faut défendre tous les emplois et toutes les usines. Aucune équipe ne doit se retrouver seule. Nous ne devons pas nous laisser leurrer par des déclarations affirmant qu’il n’y aura aucun licenciement et que les accords seront volontaires. Les collègues  français nous mettent déjà en garde contre la montée des pressions. De nombreux collègues se sentent davantage en sécurité quand il n’y a pas de licenciements liés à l’exploitation. Mais nous avons une responsabilité envers la jeunesse et son avenir. Quand on renonce à des emplois par le truchement d’accords à l’amiable, on sacrifie aussi l’avenir de la jeunesse. Il importe donc de faire sortir les collègues d’une façon de pensée individualiste afin de lutter ensemble pour l’avenir, mais également pour nous épauler mutuellement afin de venir à bout des sons de cloche nationaux et des tentatives de jouer les sites les uns contre les autres.

Nous avons besoin pour le groupe d’un programme commun positif de lutte afin de réunir toutes les forces à l’échelle du groupe. Les revendications suivantes en font partie :

 

Lutte pour chaque emploi, chaque poste de formation et chaque usine !

S’opposer au travail en fin de semaine et à la flexibilisation !

Recrutement de longue durée plutôt que par intérim !

Unité avec les fournisseurs comme Faurecia, GEFCO, Lear etc.

Réduction du temps de travail avec une pleine compensation des salaires comme objectif international !

Défense et élargissement des droits syndicaux et du droit à une activité politique au sein de l’entreprise !

 

Bien entendu, il s’agit de revendications relativement générales en tant que programme-cadre qui peut être concrétisé sur chaque site. Mais cela permettrait de faire progresser au sein du groupe notre unité dans le combat.

 

 Nous proposons la tenue d’une rencontre européenne au printemps pour une concertation. Etant donné que des délégations allemandes se sont rendues deux fois en France, nous proposons une rencontre à Rüsselsheim avec des collègues venant d’un maximum d’usines, surtout d’Espagne, de France et d’Allemagne. Que pensez-vous de ces propositions ?

 

Nous devons œuvrer tous ensemble à la consolidation de notre coordination! Nous proposons de débattre de l’opportunité pour toutes les usines participantes d’envoyer si possible  régulièrement – tous les mois ou tous les trimestres - de brefs rapports. Ces rapports devraient également être publiés sur le site web de la Coordination Internationale des Travailleurs de l’industrie automobile.

 

Salutations cordiales et solidaires

 

Fritz Hofmann