Lettre d’information n° 7 - Groupe international de coordination

En avant vers la 2e Conférence internationale des travailleurs de l’automobile en Afrique du Sud au mois de février 2020

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Cher.e.s collègues,
La concurrence des groupes automobiles et sous-traitants s’accentue à l’extrême avec la
progression de nouveaux groupes, surtout de Chine, et avec la transition imminente vers la
mobilité électrique et vers la numérisation. Une union croissante des travailleurs s’oppose
aux attaques de plus en plus nombreuses. Dans le monde entier, des centaines de milliers
de travailleurs de l’automobile luttent contre la suppression d’emplois et la flexibilisation ainsi
que pour l’augmentation des salaires et l’amélioration des conditions de travail. C’est un défi
pour les personnels des groupes que de s’allier au niveau international contre les attaques
des groupes automobiles et contre un virage à droite de toujours plus de gouvernements
impérialistes, qui aggrave actuellement de façon exacerbée le risque de guerre en Syrie.
Pour cela, on doit surmonter l’effet d’une préférence étroite pour son propre site et du
nationalisme, qui divise et opprime les personnels. La 1ère Conférence des travailleurs de
l’automobile en 2015 à Sindelfingen a fait un pas important dans cette direction : des
délégations de 18 pays ont fondé la Coordination internationale des travailleurs de
l’automobile1.
À présent, c’est établi : La 2e Conférence internationale des travailleurs de l’automobile
aura lieu en Afrique du Sud en février 2020. Il faudrait dès maintenant commencer la
préparation dans tous les pays : collecte de dons pour les frais de voyage, élection de
délégué.e.s de chaque pays, préparation des contenus.
Le comité de préparation en Afrique du
Sud qui vient de se former écrit : « Nous
vous remercions vivement de votre soutien
pour la réalisation de la prochaine IAC en
Afrique du Sud. » La démission du Président
de l’Afrique du Sud, M. Zuma, a montré une
fois de plus, combien l’ambiance dans la
classe ouvrière et parmi les larges masses
en Afrique du Sud est politisée. Le nouveau
Président Ramaphosa, qui est grandement
responsable du massacre de 34 mineurs à
Marikana, est, lui aussi, particulièrement haï
1 http://iaar.de/index.php/en/downloads/file/65-founding-resolution.html
au sein de la classe ouvrière, Les camouflant par une loi sur le salaire minimal, le
gouvernement sud-africain veut imposer des attaques massives contre la classe ouvrière,
entre autres en limitant le droit de grève. Le 23 mars, jour de commémoration de la
résistance contre l’apartheid2, le syndicat des métallos, NUMSA, a organisé une grève de
plusieurs milliers de travailleurs contre l’atteinte au droit de grève. Pour ce même objectif, le
NUMSA appelle à la journée de grève nationale le 25 avril 3.
Associez la mobilisation pour la 2e IAC à la propagation de la journée nationale de
grève en Afrique du Sud et organisez la solidarité des travailleurs de l’automobile
(Merci d’adresser vos messages de solidarité au secrétaire général du NUMSA, Irvin Jim,
irvinj@numsa.org.za et au conseil d’administration du NUMSA, Edwardr@numsa.org.za, et
la copie à icog@iawc.info .
GM et PSA-Opel mènent des attaques de grande envergure contre les personnels. À
Vigo (Espagne), Sochaux et Mulhouse (France) ou Trnava (Slovaquie), le personnel est
poussé à travailler pendant le weekend et à comprimer le travail pour élargir la production. À
Ellersmère Port (Grande Bretagne), à Eisenach, à Ruesselsheim et à Kaiserslautern
(Allemagne), à Villaverde (Espagne) et à Saint-Ouen et à La Garenne (France), on a prévu
ou déjà réalisé sur chaque site la suppression de centaines d’emplois. Depuis l’été 2017, GM
a fermé les usines de Port Elizabeth (Afrique du Sud), GM Halol (Inde), GM Kusang (Corée
du Sud), mesure qui a retiré rien qu’en Corée du Sud la base de l’existence à 100.000
personnes, comme le rapportent des collègues sud-coréens. Dans plusieurs usines, des
travailleurs intérimaires et du personnel permanent ont lutté pour une augmentation
des salaires et contre les licenciements, ainsi à Rennes et à Sochaux (France) ainsi qu’à
Ruesselsheim et à Eisenach (Allemagne). En Allemagne, Opel vient de refuser le versement
de l’augmentation salariale de 4,3 % pour le 1er mai 2018 fixée par la convention collective
pour toute l’industrie métallurgique, sur quoi, les collègues de Ruesselsheim et d’Eisenach
ont organisé des assemblées combatives pendant les pauses. Dans l’usine de Saragosse
(Espagne), le personnel a été soumis à un chantage de façon effronté : s’il ne renonce pas
aux augmentations de salaire pendant 3 ans, et s’il n’accepte pas la réduction d’indemnités,
le travail flexible le samedi avec 18 équipes et une prolongation du travail journalier, la
production de la Corsa serait délocalisée et les investissements seraient arrêtés. Alors que
les trois grands syndicats des travailleurs ont accepté, les deux petits, la CGT et l’Osta, s’y
sont opposés. La grève immédiate d’une équipe, la solidarité de l’usine voisine de Vigo
(Espagne, voir photo) et le refus du résultat des négociations par 41 % des 5.000 collègues,
face à la propagande unanime de la part des grands syndicats, des politiciens bourgeois et
des médias (presse – radio – télévision), exprime l’accroissement de la conscience de
classe. En Allemagne, les personnels en ont été informés le jour du scrutin en Espagne par
le journal des collègues « Blitz » (« éclair »). Nous avons envoyé notre message de
solidarité, rappelant : « La première leçon de Bochum : ne jamais accepter le chantage ! »
Envoyez vos messages de solidarité à l’adresse cgt.metalzgz@gmail.com .
Ce qui prouve que le désir de collaboration international s’accroît. Par exemple,
lorsqu’un travailleur d’Opel Eisenach envoie des salutations solidaires aux travailleurs sudcoréens
de GM en disant : « Engagez-vous, car on ne trouve de la solidarité qu’en se battant
» Par exemple le message du syndicat des métallos en Afrique du Sud : « NUMSA est
solidaire du syndicat coréen des travailleurs métallos KMWU et de ses membres et leurs
familles, qui sont maintenant confrontés à un avenir incertain. Nous vous appelons de vous
unir et de faire tout votre possible contre les attaques envers la classe ouvrière. » Le
9.11.2017 la CGT française chez PSA a envoyé un message de solidarité aux collègues
allemand.e.s, disant que « la CGT est convaincue que les employés de PSA et d’Opel ne
peuvent défendre leurs emplois et leurs conditions de travail que par une mobilisation
2 Anniversaire du massacre de Sharpville en 1960, où 69 personnes furent assassinées
3 Pour des informations voir: http://www.industriall-union.org/scrap-labour-law-amendment-bills-sayunions-
in-south-africa
collective. » Dans ce sens, les représentants de la coopération internationale du groupe
GM/PSA/Opel vous invitent à une rencontre des personnels d’Opel-PSA-GM pour
délibérer d’un programme commun de lutte4.
Dans les usines de Volkswagen, l’assurance grandit dans la lutte contre la décharge de
la crise de Volkswagen sur les personnels. En République Tchéque, le syndicat Kovo de
Volkswagen et de Skoda, a obtenu une augmentation de 12 % pour un an et un versement
unique de 2.600 €, en menaçant de faire grève pendant 10 jours au mois de mai et de
résilier des contrats pour des équipes supplémentaires. Le Groupe international de
coordination a écrit aux collègues en lutte de Skoda à Mlada Boleslav : « Nous démontrons
notre solidarité internationale pour votre lutte courageuse et nous souhaitons que vous
atteingnez le maximum de votre revendication… Votre attitude inébranlable est un modèle
pour tous les travailleurs dans l’ensemble du groupe Volkswagen ». En Allemagne, chez
VW Wolfsburg, comme résultat d’assemblées dans les pauses et d’actions de protestation
en janvier, on a réemployé plus de 200 intérimaires licenciés le 24 décembre 2017.
En Italie, il y a eu le 23 mars, une journée de grève et d’action dans les usines de Fiat
Termoli, Melfi und Pomigliano contre un programme de restructuration, qui pourrait
supprimer 8.000 des 37.000 emplois restants. Organisée par une « Coordination de
travailleurs auto-organisés de Fiat-FCA», l’assemblée principale a eu lieu devant Fiat
Pomigliano avec environ 300 travailleurs de Fiat et de la logistique de Fiat-Pomigliano ; elle
était organisée par des travailleurs du syndicat de base SI Cobas et du syndicat des métallos
FIOM. De nombreux collègues ont soutenu cette grève, mais sont restés ou retournés à la
maison en voyant les piquets de grève. La direction de FCA a essayé en vain de convaincre
les collègues de reprendre le travail.
Dans la lutte contre la répression menée contre des travailleurs et des syndicats
combatifs, la solidarité s’accroît.
Dans l’usine de PSA à Poissy (France), neuf syndicalistes ont été condamnés chacun à 5
mois de prison avec sursis et 11.000 € d’amende. Quel est leur crime ? Ils ont accompagné
un collège pour le soutenir à son entretien avec le chef et discuté pendant 17 minutes avec
celui-ci dans son bureau. La CGT France écrit : « La direction a perdu sa bataille visant à
briser la CGT !! Les collègues ont besoin de notre solidarité, par exemple par courriel à
l’adresse : ulcgtyvelinesnord@wanadoo.fr
En Allemagne, le 20 mars, la Cour de justice à invalidé le second licenciement avec
réembauchage simultané de Christian Kowoll par Opel. Mais malgré cela, Opel refuse
toujours d’employer Christian et l’a licencié à nouveau. Le scandale particulier consiste à ce
que le troisième licenciement s’est effectué à l’initiative du comité d’entreprise, parce que
Christian a lutté sans fléchir contre la fermeture de l’usine de Bochum et n’est toujours pas
prêt à vendre ses droits de travailleur contre un contrat d’indemnisation. Merci d’envoyer des
messages de solidarité à offensiv-bochum@gmx.de.
Le président du syndicat IG Metall Wolfsburg
s’est déclaré solidaire contre l’interdiction du
syndicat combatif MPRA en Russie. En
Russie, c’est le Conseil russe pour le
développement de la société civile et pour les
droits de l’homme qui s’est prononcé pour
l’annulation de l’interdiction. La Cour d’appel
n’a pas encore rendu son verdict.
Le 18 mars, anniversaire de la condamnation
illégitime à la prison à vie de 13 travailleurs de
Suzuki-Maruti en Inde, le Comité des
travailleurs FreetheMaruti13 a organisé des
4 I Lettre d’information 13 de la Collaboration du groupe GM-PSA-Opel, voir www.iawc.info
actions de solidarité pour leur libération. Le comité appelle à continuer la solidarité et écrit :
« C’est une longue lutte, et seule la force grandissante du mouvement et la solidarité
peuvent mener cette lutte à une fin couronnée de succès. » Merci d’adresser vos messages
de solidarité à marutiworkerstruggle@gmail.com
Faites connaître toutes ces luttes dans les entreprises, organisez la solidarité, et
associez-la à la préparation de la 2e Conférence internationale des travailleurs de
l’automobile en Afrique du Sud en 2020 !
Vive l’unité des travailleurs !
Vive la solidarité internationale !
Carlos Luiz Prates Mancha (Brésil), Diego Rejon Bayo (Espagne), Joern Kleffel (Allemagne)
Coordinateurs de l’ICOG